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La bonne candidate ?

Avec son « Capharnaüm », judicieusement programmé en fin de festival, la Libanaise Nadine Labaki coche toutes les cases : film de femme, production d’un petit pays, sujets humains et d’actualité (enfance maltraitée, immigrés clandestins…), jeunes acteurs non-professionnels irrésistibles. Et en plus c’est un bon film.

 

Nadine Labaki (DR)

« Capharnaüm », ainsi appelé en raison de la multitude des sujets traités, est le troisième long métrage de Nadine Labaki, après « Caramel » et « Et maintenant on va où ? ». La réalisatrice libanaise de 44 ans croit au pouvoir du cinéma et essaye de se servir de son métier comme une arme, en suscitant au moins une prise de conscience.

Le héros, autour de 12 ans (on ne connaît pas sa date de naissance), poursuit ses parents en justice pour l’avoir fait naître. Des flash-back, entre les courtes scènes de tribunal, expliquent l’enchaînement des faits. La pauvreté, le manque d’amour, la sœur de 11 ans « vendue » dans un mariage forcé… Zain fuit et va se retrouver seul dans les rues de Beyrouth à tenter de survivre avec un jeune enfant qui marche à peine. C’est le cœur du film.

Difficile de résister à ce gamin, joué par un jeune réfugié syrien, Zain Al Rafeea. Tous les acteurs sont des non professionnels, recrutés par un casting sauvage et dont le sort ressemble souvent à celui de leurs personnages, contribuant au réalisme du film. Qui n’a cependant pas fait l’unanimité, certains lui reprochant trop de pathos et pas assez de cinéma.

Deuxième degré

Vanessa Paradis (Ella Herme)

Un mot du dernier film français en compétition, « Un couteau dans le cœur », de Yann Gonzalez, qui sortira le 27 juin. On ne sait trop à quel degré il faut regarder cette histoire qui fait de Vanessa Paradis une productrice de films pornos gays dans les années 1970, désespérée par une rupture et confrontée à des meurtres touchant son équipe. Il faut sans doute chercher du côté de la parodie. S’il y a pas mal d’idées de mise en scène, l’ensemble est plutôt insupportable, malgré les efforts des acteurs.

 

Renée Carton

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