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Ça brûle

Marcello Fonte dans « Dogman » (Greta De Lazzarus)

« Dogman », de Matteo Garrone, figurera-t-il au palmarès ? Encore un film sur la violence, qui a dominé cette 71e édition du festival de Cannes. Une violence maîtrisée, avec un acteur, Marcello Fonte, dont le cinéaste vante la douceur. De la douceur, il y en a aussi dans le film coréen « Burning », où pourtant ça brûle.

Alors que quatre films sont encore à voir sur les 21 en compétition, les pronostics pour le palmarès vont bon train. Pas de coup de cœur aussi partagé que « 120 Battements par minute » l’an dernier, mais des préférences. Qui vont à « Une affaire de famille », le subtil et émouvant film du Japonais Kore-eda, ou à « l’Été », du Russe Serebrennikov. « En guerre », de Stéphane Brizé, n’a pas laissé indifférents les critiques français, tandis que « Burning » et « Dogman », les deux concurrents de mercredi, ont leurs défenseurs.

À l’heure coréenne, « Burning » (Pinhouse Film)

« Burning », du Coréen Lee Chang-dong (sortie le 29 août), tiré d’une nouvelle d’Haruki Murakami, fait circuler amour, amitié, rivalité et un certain mystère entre trois jeunes gens, un garçon un peu perdu qui veut devenir écrivain, un fils de riche peut-être pyromane et une fille fantasque. C’est aussi un thriller sans solution, dont on tente de déchiffrer les indices. Attachant.

Avec « Dogman » (le 11 juillet), Matteo Garrone (« Gomorra ») fait preuve de son habituelle virtuosité à filmer sans fioritures, mais pas de complaisance, la violence intrinsèque qui mine des pans entiers de la société italienne. Ici une banlieue déshéritée où Marcello vit simplement de son métier de toiletteur pour chiens, qu’il aime manifestement, de soirées entre hommes au foot ou au café et de sorties en plongée sous-marine avec sa fille. Sauf qu’il a pour ami un petit malfrat-grosse brute accro à la cocaïne qui brutalise le quartier. On se doute que cela va mal finir. Mais tout est dans la mise en scène de la progression du héros de l’humiliation à la réaction. Marcello Fonte est un bon candidat au prix d’interprétation. Matteo Garrone évoque « sa douceur et son visage antique qui semble venu d’une Italie en train de disparaître ».

Des femmes en haut des marches

Noires n’est pas leur métier ! (AFP)

Sur les marches, on a vu mercredi 16 actrices françaises noires et métisses venues dénoncer la sous-représentation des personnes noires dans le cinéma en France, comme elles l’ont fait dans le livre collectif  mené par Aïssa Maïga, « Noire n’est pas mon métier » (Seuil). Un combat qui, cette fois, est valable au même titre pour les hommes.

Renée Carton

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