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Une journée (pas) particulière

Un thriller érotique, un jeune vampire, un couple en crise, une vision, encore une, de l’Amérique : une journée quasi ordinaire dans la folie cannoise.

« Mademoiselle », amours coréo-japonaises

« Mademoiselle », amours coréo-japonaises (DR)

Samedi 14, 8h30 – Montée des marches (le tapis rouge de la veille sera changé plus tard pour les projections de gala), vers l’auditorium Louis Lumière (plus de 2200 places), qui accueille chaque matin les projections de presse des films en compétition. Les membres du jury matinaux, comme ce matin le président George Miller et Arnaud Desplechin, et les invités de marque y ont un espace réservé. Au programme, l’un des rares représentants asiatiques,  « Mademoiselle », du Coréen Park Chan-wook, qui nous a déjà fait frissonner avec « Old Boy » et « Thirst ». Cette fois, il s’est inspiré d’un roman de la Britannique Sarah Waters, « Du bout des doigts », transportant l’action de l’Angleterre victorienne à la Corée sous occupation japonaise des années 1930. L’histoire sulfureuse met en scène une héritière, une servante, un faux comte et un bibliophile libidineux. C’est plutôt prenant, avec des retournements de situation savamment orchestrés et des scènes érotiques esthétiques, surtout quand elles sont féminines. Sortie le 5 octobre.

11h30 – Pas le courage d’affronter les bousculades pour « le Bon Gros Géant » de Steven Spielberg d’après Roald Dahl, présenté hors compétition. Il sort en France le 20 juillet, on ira le voir en famille. Alors ce sera, dans une autre salle du Palais des festivals (Debussy, un millier de places tout de même) un premier film de la section Un certain regard, « Transfiguration », de Michael O’Shea. Ou les malheurs d’un adolescent du Queens qui se découvre vampire et se pose des questions existentielles, surtout quand il compare sa situation aux nombreuses références sur le sujet, de « Nosferatu » à « Twilight ». Pas totalement convaincant mais intéressant.

15h30 – Un tour du côté de la Quinzaine des réalisateurs, à l’hôtel Marriott, un peu plus loin sur la Croisette. Pour découvrir « l’Économie du couple », le nouveau film de Joachim Lafosse après « les Chevaliers blancs ». Un huis-clos qui voit se déchirer Bérénice Bejo et Cédric Kahn, un couple qui se sépare mais continue à cohabiter faute de moyens. Comme le titre l’indique, l’argent  joue un rôle dans le conflit conjugal, et les différences sociales, mais les sentiments continuent à circuler et c’est montré avec beaucoup de finesse. Et les deux acteurs ne sont pas pour rien dans l’intérêt que l’on porte à une histoire pourtant si souvent traitée.

Cannes-AMERICAN HONEY HD © Parts & Labor LLCPulse Films LimitedThe British Film InstituteChannel Four Television Corporation 2016

« American Honey », une débutante énergique (DR)

19h – Retour au Palais. Pendant que Steven Spielberg et son équipe saluent la foule avant la projection de gala du « BFG » dans le Grand Théâtre Lumière, la presse est conviée à découvrir, à Debussy, un nouveau film en compétition, «Americain Honey ». La Britannique Andrea Arnold, dont on avait aimé « Red Road » et « Fish Tank », a succombé à son tour au mirage outre-Atlantique et parcourt l’Amérique profonde en compagnie d’une jeune fille qui n’a rien à perdre (l’étonnante débutante Sasha Lane) et d’une équipe de jeunes vendeurs de magazines (dont Shia LaBeouf). Galerie de portraits à l’emporte-pièce, souvent savoureux. Et échappée belle, pleine de musique et de fureur, à laquelle on reprochera cependant sa durée . Encore un film qui dépasse les 2h30. Ce sera pour moi le dernier de la journée.

Renée Carton

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