Un « ouvrier » d’Auschwitz

Auschwitz a fait irruption à Cannes. On ose à peine réunir, dans un même texte, « le Fils de Saul », qui donne à voir la réalité de l’extermination massive, et « Mad Max », qui montre une violence irréaliste mais très cinématographique.

Laszlo Nemes, un premier film impressionnant (photo Bea Kallos)

« Le Fils de Saul » est le premier film de Lazlo Nemes, 38 ans.  Il nous emmène à Auschwitz-Birkenau en octobre 1944, en compagnie de Saul, membre d’un Sondercommando, les prisonniers chargés de vider les chambres à gaz et de nettoyer les crématoriums. Saul dit qu’un des cadavres est celui de son fils et veut l’enterrer selon les rites, au péril de sa vie. Dans le même temps, une révolte se prépare dans le Sondercommando. Lazlo Nemes ne veut pas montrer l’horreur en face. On voit ce que voit Saul et c’est déjà beaucoup, d’autant que la suggestion est souvent plus parlante que les images totales. Le cinéaste privilégie les plans rapprochés mais utilise beaucoup les sons. Le résultat est de nous rendre très proche cette « usine de mort » et ceux qui y travaillent.  Une mise en scène très intelligente et sensible pour parler, mieux que bien d’autres, d’un sujet rarement attaqué aussi frontalement. On espère, sans trop y croire, que le film, qui sortira cet automne, trouvera un public élargi à ceux qui ont à peine entendu parler de la Shoah, voire doutent de sa réalité. Une reconnaissance du jury y aiderait.

Charlize Theron et Sean Penn (photo AFP)

Pour « Mad Max : Fury Road », déjà sur les écrans, pas de souci à se faire. Le nouveau film de George Miller a tout pour plaire, y compris une mise en scène époustouflante propre à satisfaire les cinéphiles exigeants. Bon, il ne raconte rien d’autre qu’une poursuite dans le désert d’engin extravagants, mais le décor, les maquillages, les combats, les cascades…, filmés de main de maître sont impressionnants. Tom Hardy est un peu mou mais Charlize Theron est étonnante. Charlize Theron qui a ravi les fans du festival en montant les marches au bras de son compagnon Sean Penn (venu de Haïti dans l’avion de François Hollande, comme l’a révélé « Paris-Match »).

Renée Carton

 

Renée Carton