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Un chirurgien en vedette

Antonio Banderas, chirurgien de pointe pour Almodovar

En vedette jeudi, le chirurgien de « la Piele que habito ». Il reste à découvrir encore trois films en compétition. Dans une sélection d’excellente qualité qui a suscité des réactions diverses mais pas de vraie bataille. Dommage que Lars von Trier ait gâché l’ambiance avec ses propos insupportables.

Les excuses présentées par le réalisateur danois n’ont pas suffi. Réuni en séance extraordinaire, ce jeudi 19 mai, le conseil d’administration du festival a jugé ses propos « inacceptables, intolérables, contraires aux idéaux d’humanité et de générosité qui président à l’existence même du festival » et l’a déclaré « persona non grata au festival de Cannes et ce à effet immédiat ». Une décision inédite dans l’histoire du festival. « Melancholia » reste en compétition mais il semble peu probable que, malgré ses qualités, il figure au palmarès.

Pour en revenir aux films, nous avons eu droit aujourd’hui à un chirurgien dans la grande tradition du cinéma d’imagination, pas loin du Dr Frankenstein. Mis en scène par Pedro Almodovar, joué par Antonio Banderas, ce médecin élégant est un spécialiste de la greffe de visage et de la culture de peau, qui – le cinéaste doit suivre plus ou moins l’actualité – utilise des méthodes transgéniques.

Comme « la Pielo que habito » est un thriller, inspiré du roman « Mygale », de Thierry Jonquet (Gallimard),  il s’agit d’une histoire de vengeance, dans laquelle Almodovar projette quelques-unes de ses obsessions dont on laisse la surprise. Une histoire totalement invraisemblable, même au regard des progrès de la médecine, ce qui n’empêche pas de se laisser séduire par ses couleurs, ses symboles, ses rebondissements et la beauté de son héroïne, Elena Anaya.

D’une certaine manière, on a pu se reposer l’esprit avec deux films où le sang coule à flôts. « Ichimei » (« Hara Kiri, mort d’un samouraï ») de Takashi Miike est un film de samouraïs plein d’humanité, auquel la 3D, qui l’eut cru, apporte une forme de poésie (quand tombe la neige).  Et « Drive » est un polar américain, avec les scènes de genre habituelles mais dans une mise en scène enlevée signée du Danois Nicolas Winding Refn.

Renée Carton

 

 

 

Renée Carton

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