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Toujours la même polémique

Jessica Chastain entre Tom Hardy et Shiah LaBeouf (AFP)

Déjà des pronostics, toujours une polémique et un western-film de gangsters qui mérite le détour.

On n’est même pas à mi-parcours de la compétition que les pronostics font florès. Cocorico, « De rouille et d’os », de Jacques Audiard, est pour l’instant le mieux placé, selon les classements des revues professionnelles (« le Film français », « Screen », « Variety »…), qui paraissent quotidiennement. Mais ce qui a le plus de succès, c’est la polémique sur l’absence de toute réalisatrice dans la course à la palme d’or. Dans toutes les conférences de presse qui suivent la présentation des films, la question est posée. Et la nouvelle ministre de la Culture, Aurélie Filipetti, avant même sa venue au festival, prévue ce dimanche pour la journée du 65e anniversaire, n’y a pas échappé, expliquant n’avoir pas à se mêler des choix de programmation : « Je suis très soucieuse de l’indépendance des équipes de programmation, qui sont d’une très grande qualité », a-t-elle répondu diplomatiquement à l’AFP. « Je n’aimerais pas que l’un de mes films soit sélectionné ici tout simplement parce que je suis une femme, comme un peu pour me faire l’aumône », a pour sa part estimé la réalisatrice britannique Andrea Arnold, membre du jury. La belle Jessica Chastain a tranché : « C’est stupide »,  selon elle, « un film doit être jugé sur ce qu’il est et non pas sur le sexe de la personne qui l’a réalisé ».

Jessica Chastain, actrice de la palme 2011, « l’Arbre de vie »,  assure avec Mia Wasikowska, ex-Alice, la présence féminine d’un film très masculin, comme son titre l’indique, « Des hommes sans loi », de John Hillcoat. C’est l’histoire de trois frères au temps de la Prohibition dans l’Amérique profonde, incarnés par l’Américain Shia LaBeouf, le Britannique Tom Hardy et l’Australien Jason Clarke. La rock star Nick Cave a écrit la musique et le scénario à partir  du livre mêlant souvenirs familiaux et fiction de Matt Bondurant, petit-fils du plus jeune des trois. C’est du bon et du solide cinéma dans la lignée des classiques hollywoodiens de deux genres, western et film de gangsters, et en même temps une œuvre qui a sa personnalité. À découvrir en France à partir du 12 septembre.

Renée Carton

Renée Carton

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