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S’il fallait choisir…


« La Source des femmes », de Radu Mihaileanu a conclu ce samedi la compétition. A qui la palme ? Il y a plusieurs favoris, signe que la sélection a été d’un bon niveau. S’il fallait choisir…

« La Source des femmes », qui sortira le 2 novembre, raconte comment les femmes d’un petit village font la grève de l’amour pour obliger les hommes à apporter l’eau. Un fait-divers qui s’est déroulé en Turquie en 2001a inspiré Radu Mihaileanu ce film plein de couleurs et de chants, porteur de messages auxquels on souscrit sans peine : l’égalité des femmes, la liberté et la responsabilité individuelles, l’Islam qui ne se résume pas à l’intégrisme. Leïla Bekhti en tête, la distribution est convaincante.

Alors, à qui la palme? « The Tree of Life », de Terrence Malick, reste la création cinématographique la plus fascinante, même si l’articulation entre interrogations métaphysiques et chronique familiale laisse perplexe. Un prix du jury pourrait récompenser « Le Havre », la vision fraternelle et pleine d’humour d’Aki Kaurismäki. On aimerait que « Polisse », de Maïwen, figure au palmarès. Le prix du scénario, peut-être, tandis que celui de la mise en scène irait à « Il était une fois en Anatolie », le film de Nuri Bilge Ceylan, récit épuré de la recherche du corps d’une victime de meurtre, en compagnie du procureur et d’un médecin, film qui gagnerait cependant à être légèrement raccourci.

Pour le prix d’interprétation féminine, Tilda Swinton, la mère ambiguë de »We need to talk about Kevin » paraît sans rivale. Pour le prix masculin, Michel Piccoli, qui donne épaisseur et subtilité à l’homme qui ne veut pas être pape, dans « Habemus Papam », de Nanni Moretti.

Mais il faudrait aussi des prix pour « Pater », l’intelligent et émouvant duo d’Alain Cavalier et Vincent Lindon. Pour « This Must be the Place », de Paolo Sorrentino, qui donne à Sean Penn un rôle étoànnant et rend un émouvant hommage à notre Amérique mythologique. Et pour « Hara Kiri », de Takeshi Miike, qui nous convaint que le film de samouraïs peut être non seulement virtuose mais aussi humain et poétique.

Le jury présidé par Robert de Niro ne peut pas avoir été insensible à tout cela. Réponse dimanche soir.

Renée Carton

Renée Carton

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