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Polémique et politique

Lars von Trier a dérapé (AFP)

Lars von Trier, qui se soigne avec ses films, a perdu une occasion de se taire lors de la conférence de presse de « Melancholia ». Ses propos sur Hitler et le nazisme ôtent l’envie de défendre son film, qui pourtant le mérite, même s’il n’est pas tout à fait à la hauteur de ses ambitions.

Lars von Trier est un grand mélancolique et cela explique l’inspiration de son dernier film, qui met en scène deux soeurs très opposées, la blonde Kirsten Dunst et la brune Charlotte Gainsbourg (qui a un point commun avec Carla Bruni…). La mélancolie chronique de la première s’oppose à la « normalité » de la seconde, mais quand une planète menace d’entrer en collision avec la Terre (aux grands maux les grands remèdes !), c’est la dépressive qui la verra arriver avec le plus de sérénité. Un résumé qui ne dit en rien la beauté de certaines images oniriques ni la saveur pessimiste de la longue séquence du mariage, dans laquelle Charlotte Rampling et John Hurt, entre autres, font merveille.
Mais quelle mouche a donc piqué le réalisateur danois pour qu’il prononce des propos inacceptables, voire délirants, sur Hitler (du genre « Je comprends l’homme. Il n’est pas vraiment un brave type, mais je comprends beaucoup de lui et je sympathise un peu avec lui ») ? Sommé par le festival de s’expliquer, il a précisé qu’il s’était laissé entraîner à une provocation et a présenté ses excuses. Il répondait à une journaliste qui l’interrogeait sur ses origines allemandes, découvertes en 1989 à la mort de sa mère, et sur des propos tenus récemment dans une revue danoise concernant « son goût pour l’esthétique nazie ». Dans une mise au point diffusée par ses agents, Lars von Trier a répété ses regrets : « Si j’ai pu blesser quelqu’un par les propos que j’ai tenu ce matin, je tiens sincèrement à m’en excuser. Je ne suis ni antisémite, ni raciste, ni nazi. »

A l’assaut.

Podalydès, un Sarkozy plus vrai que nature ?

La vraie politique, elle était dans le film de Xavier Durringer, très attendu, du moins par la presse française, « la Conquête ». Si l’on pouvait craindre, sur le papier, de la caricature ou de l’imitation à la chansonnier, on est assez vite rassuré. C’est du beau travail de documentation pour réaliser une fiction : la comédie du pouvoir qui est aussi drame privé. Denis Podalydès  recompose, à la voix et au physique, un Sarkozy tel qu’il nous est devenu familier et ses face-à-face avec Villepin-Samuel Labarthe sont particulièrement savoureux. Le cinéaste explique qu’il voulait développer particulièrement deux axes, l’axe théâtral, celui de la représentation permanente du langage ; et celui du film noir, car « les hommes politiques se tuent avec des petites phrases plutot qu’avec des flingues ».  Le pouvoir des mots, Lars von Trier a eu le tort de l’oublier.

Renée Carton

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Denis Podalydès, plus vrai que son modèle ?

Renée Carton

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