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Paroles de cinéastes

Sommés lors des conférences de presse d’expliquer leur œuvre et leurs intentions, les réalisateurs répondent ou se dérobent…

  • Alain Resnais (« Vous n’avez encore rien vu ») : « Je ne pense pas en termes de carrière. Je suis un bricoleur. Ce film ne ressemble à aucun autre. Si j’avais pensé le film comme un testament, je n’aurais jamais eu l’audace et l’énergie de le faire. » Le cinéma n’est pas une question d’âge (sauf pour les assurances) mais on ne peut s’empêcher de penser à celui du cinéaste d’« Hiroshima mon amour », qui aura 90 ans en juin. Mais si on mesure le temps qui passe aux visages de ses comédiens de longue date, Pierre Arditi, Sabine Azema, etc., si  le film parle de la mort à travers le mythe d’Orphée et Eurydice, revisité via Anouilh, c’est la vitalité de la création, la vivacité de la mise en scène, construction très séduisante, qui éclatent.

Abbas Kiarostami (DR)

  • Abbas Kiarostami (« Like Someone in Love ») : « Mon film ne commence pas et ne se termine pas. C’est ce qui se passe dans la vie. Nous arrivons toujours après le début et les choses ont commencé avant nous. » Certes. Mais c’est bien, à mes yeux, le problème de l’opus japonais du maître iranien. La rencontre du vieux professeur et de l’étudiante en sociologie (qui confond Darwin et Durkheim !) call-girl à ses heures comporte des moments savoureux mais nous laisse sur notre faim de spectateur. Ce n’est pas, bien sûr, l’avis de Marin Karmitz (MK2), qui a dû vendre un tableau d’Yves Klein pour produire le film : « Je suis très heureux d’avoir échangé une très belle œuvre d’Yves Klein contre une très belle œuvre d’Abbas Kiarostami ».
  • Hong Sangsoo  (« In another country ») : «Ce que les  spectateurs retirent de mes films dépend de leur humeur ou de leur situation. » Le réalisateur coréen se défend ainsi de délivrer des messages, disant ne faire que des propositions. Là il y en a trois : trois fois une Française, jouée par Isabelle Huppert, dans une petite ville balnéaire, qui croise les mêmes personnes, dont un inénarrable maître nageur, dans des circonstances différentes. Un exercice amusant, auquel se sont livrés bien des créateurs, qui tourne ici un peu à vide. C’est ce qu’il m’a semblé, mon humeur ne devait pas être la bonne.

Renée Carton

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