Marion et les vampires

L’an dernier, dans le rôle casse-gueule d’amputée de « De rouille et d’os », Marion Cotillard avait fait l’unanimité. Cette année, la voici en prostituée de l’autre côté de l’Atlantique et un peu moins consensuelle.

Dans « The immigrant », de James Gray, présenté ce vendredi, elle est cependant beaucoup plus convaincante que dans « Blood Ties », de Guillaume Canet,  qui figurait il y a quelques jours hors compétition.

Le cinéaste a écrit le rôle pour elle et imaginé un mélodrame qui en fait une jeune immigrée polonaise au  début des années 1920. Elle débarque à Ellis Island en compagnie de sa sœur, qui, atteinte de tuberculose est mise en quarantaine. Il faut de l’argent pour soigner cette dernière et la faire sortir de là et la jeune femme se retrouve à vendre son corps, sous la houlette d’un souteneur qui tombe sous son charme.

James Gray a pu tourner sur l’île qui ouvrait les portes de l’Amérique, ce qui nous vaut les meilleures séquences,  et reconstitue le Lower East End du début du XXe siècle, comme l’a fait Coppola et d’autres avant lui. S’il n’évite pas tout à fait le piège d’une surdramatisation, au détriment de son acteur fétiche, Joaquin Phoenix, il signe un beau récit dramatique, dans la lignée des mythes américains. Et, on l’a dit, Marion Cotillard est très bien, accent polonais y compris.

Sang pur

De Jim Jarmusch, on ne sait jamais quoi attendre. Avec « Only lovers left alive », il livre un rafraîchissant film de vampires. Adam et Ève s’aiment depuis 5 siècles mais ils sont de leur temps et, dans notre XXIe siècle pollué, ne s’abreuvent qu’au sang le plus pur, qu’ils achètent dans les hôpitaux. Ils forment un couple sophistiqué et très cultivé. Adam est un grand romantique dont le spleen se désole de la médiocrité des humains, qu’il appelle des zombies. Il vit à Detroit, cité dévastée par la crise économique, tandis qu’Ève préfère Tanger. De sa vision pessimiste de l’humanité contemporaine, Jarmusch tire ainsi une œuvre drôle et originale.

Enchères

Un voyage dans l’espace sur Virgin Galactic en compagnie de Leonardo DiCaprio pour 1,2 million d’euros. Un rôle de figurant dans quatre films de la Weinstein Company, dont un long métrage avec DiCaprio pour 1,5 million. Un concert des Duran Duran chez soi pour 600.000 euros… Au total, les enchères du gala de l’amfAR, la fondation américaine contre le sida, ont permis de récolter 19,3 millions.

Renée Carton