Marion Cotillard, Ryan Gosling

Le choix des Dardenne (Photo Ch. Plenus)

La rencontre des frères Dardenne et de Marion Cotillard est convaincante. Le premier film de Ryan Gosling est intrigant.

Marion Cotillard ne rate plus un festival, en compétition qui plus est. Après « De rouille et d’os » et « The Immigrant », la voici dans « Deux jours, une nuit ». Et grâce au savoir-faire et surtout à la conviction des frères Dardenne, on oublie très vite, plus vite que dans les précédents films, la comédienne célèbre pour ne plus voir que l’ouvrière dépressive qui a deux jours pour sauver son emploi en convaincant des collègues aussi en difficulté qu’elle de renoncer à une prime.

Dépressive, Marion Cotillard ne l’est pas après ce tournage. « J’ai déjà connu des expériences magnifiques, dit-elle, mais celle-ci a été la plus profonde et la plus idyllique de tous. » On n’a donc pas envie de juger la performance de l’actrice, même si elle a demandé beaucoup de travail et de talent, mais plutôt simplement de recommander d’aller voir le film, une histoire simple de courage et de solidarité.

Un conte noir et rouge

Premier film derrière la caméra

Sur la Croisette l’une des autres vedettes du jour était Ryan Gosling, venu présenter son premier film en tant que réalisateur, « Lost River » (dans la section Un certain regard). Grosse affluence et, à l’arrivée, grande perplexité. Gosling, qui, parmi ses influences évoque Cronenberg et Carpenter (il pourrait aussi parler de Lynch), ne se refuse aucune variation baroque et macabre, avec flammes, violences et flots de sang, dans une ville ravagée par la crise (images fortes tournées à Detroit). Le film, que son réalisateur qualifie de « conte de fées noir » fourmille d’idées, de références, de beautés et en même temps c’est trop, cela déborde. La pauvre Christina Hendricks (« Mad Men ») est mise à rude épreuve. Son personnage en tout cas. En tant qu’actrice, elle s’en sort bien.

Renée Carton