L’Ouest, le vrai

Avec « The Homesman », en compétition à Cannes et dès ce dimanche sur les écrans français, on a droit à un bon western, ni plus, ni moins. Mais c’est déjà beaucoup.

Hilary Swank, rude pionnière

Tommy Lee Jones, on connaît sa gueule dans d’innombrables films et on a découvert son talent de réalisateur avec « Trois enterrements », en 2005. Pour « The Homesman », adapté d’un roman de Glendon Swarthout, il n’aime pas trop qu’on parle de western, étiquette qu’il juge galvaudée. Pour les amateurs de cinéma américain, c’est pourtant l’un des bonheurs de son film que de se situer dans les grands espaces de l’Ouest sauvage (le paysage est un personnage à part entière, dit d’ailleurs le réalisateur-acteur).

La teneur particulière du récit, où l’on retrouve quelques scènes classiques, tient à ce qu’il tourne autour du transport de trois femmes rendues folles par les épouvantables conditions de vie des pionniers au milieu du XIXe siècle. The Homesman, c’est littéralement celui qui ramène dans leur famille ceux qui perdent la raison. Ici, c’est une femme qui s’en charge, personnage rude et indépendant joué avec vigueur par Hilary Swank, tandis que Tommy Lee Jones s’est donné le rôle appétissant de l’escroc un peu rustre qui, naturellement, va s’humaniser.

Les yeux sur la ligne d’horizon, on admire les images et on ne s’ennuie pas, d’autant que l’humour vient alléger la dureté des situations. Pour autant, on préférerait voir au palmarès, par exemple, « les Merveilles », de la jeune cinéaste italienne Alice Rohrwacher, qui nous entraîne dans une Italie rurale non moins exotique que l’Ouest américain, autour d’une adolescente et de sa marginale famille productrice de miel.

L’Italie proche et lointaine

 

Renée Carton