L’émotion de Michael Douglas

Les festivaliers ont beaucoup aimé « Ma vie avec Liberace », un film pour lequel Michael Douglas sera éternellement reconnaissant à Steven Soderbergh.

Michael Douglas en haut des marches (AFP)

En janvier 2011, Michael Douglas, âgé alors de 66 ans, annonçait la guérison d’un cancer de la gorge stade IV, se sentant miraculé, car ce n’est qu’après plusieurs mois d’errance diagnostique auprès de spécialistes qu’un médecin ami avait trouvé de quoi il souffrait. Vedette de « Ma vie avec Liberace », présenté en compétition, il est bien placé, selon les pronostiqueurs patentés, pour un prix d’interprétation. Des larmes dans la voix, il a chaleureusement remercié le metteur en scène, Steven Soderbergh, de l’avoir attendu pour faire le film et de lui avoir fait le « grand cadeau » de ce rôle.

Un rôle à performance, effectivement, que celui de Liberace, pianiste flamboyant, grande vedette des shows de Las Vegas et de la télévision des années 1950 aux années 1970, admirateur den Louis II de Bavière. Homosexuel et contraint de le cacher pour ne pas perdre son public, comme son entourage niera en 1987 que son décès est dû au sida.

Douglas en Liberace

Inspiré des souvenirs d’un jeune amant avec lequel il vivra secrètement pendant cinq ans, le film fait la part belle à ce personnage exubérant, presque trop kitsch pour être vrai. Michael Douglas se souvient de l’avoir rencontré lorsqu’il avait 12 ans : « Je l’ai croisé avec mon père qui le connaissait un peu. Il portait tellement de bijoux qu’il brillait au soleil. C’était le prédecesseur de stars comme Elton John. » Il l’incarne avec un régal manifeste, face à un Matt Damon impeccable et transformiste, mais qui ne peut cacher qu’il n’a plus 20 ans, ni même 30.

Produit par la chaîne HBO, les grands studios ayant reculé devant le sujet, le film ne sera diffusé aux États-Unis qu’à la télévision, le 26 mai, jour du palmarès du festival. En France, on devrait le voir dans les salles de cinéma à partir du 18 septembre.

 

Renée Carton