0

Le spectacle continue

Jean Dujardin et Bérénice Bejo, revenus des années 1920

Dimanche, les potins de la Croisette se sont effacés un instant, pour les Français, derrière les nouvelles venues de New York. Mais la machine du festival, parfaitement huilée, ne saurait s’interrompre. Seul mai 68 et ses réalisateurs prêts à tout avaient changé la donne.

Samedi, la pluie a eu la bonté de s’arrêter au moment de la montée des marches de « Pirates des Caraïbes ». Disney, le producteur, avait dû faire jouer ses relations ! Tout le monde a fait son travail. Le film, signé Rob Marshall (« Chicago » mais aussi le peu convaincant « Nine »), est un bon divertissement et la 3D est efficace sans être envahissante. Johnny Depp et Penelope Cruz ont assuré le service après-vente avec décontraction et professionnalisme (qui excluait, semble-il, qu’ils paradent avec leur compagne et compagnon, au grand dam de quelques badauds).

Johnny Depp et Pénélope Cruz au travail

Au registre des vedettes, c’est Jean Dujardin qui était de service dimanche et qui a été comme il se doit acclamé. « The Artist », de Michel Hazanavicius, est un film d’amoureux du cinéma, qui connaît ses classiques et fait revivre en noir et blanc et sans paroles l’époque où naquit la mythologie hollywoodienne.

Un monstre ordinaire.

A Cannes, on guette toujours le scandale. On a presque cru l’avoir avec « Michael », de l’Autrichien Markus Schleinzer. En montrant la vie quotidienne d’un pédophile avec l’enfant qu’il a enlevé, il ne porte aucun jugement, ne dramatise pas, ce qui a choqué au moins la moitié de l’assistance, faite de journalistes et d’invités (à la loterie des invitations, les habitants de Cannes ne s’attendaient sans doute pas à croiser un « monstre » aussi conformiste).

Certains pourront aussi s’effaroucher de quelques scènes de « l’Apollonide, souvenirs de la maison close », de Bertrand Bonello. Le réalisateur, qui met en scène une douzaine de filles dans un élégant bordel à la veille du XXe siècle, dit avoir fait un film pudique. Ce n’est pas faux à l’aune de ce qu’on est habitué à voir aujourd’hui sur les écrans mais il y a une violence parfois montrée et une exposition des corps qui peut mettre mal à l’aise.

En ce qui concerne les films français en compétition, ne manque plus que « Pater », d’Alain Cavalier. Une autre forme de cinéma hors des sentiers battus.

Renée Carton

Renée Carton

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués par une *. Pour information, Renée Carton ne répondra pas aux commentaires anonymes.