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Le plaidoyer raté

La journée aurait pu, aurait dû, être bonne, avec à l’affiche Sean Penn et Nicolas Winding Refn. Hélas ! Dans le premier cas, mise en scène lourdingue de bons sentiments humanitaires qui ne méritaient pas ça. Dans le second, chic, choc et toc.

Charlize Theron et Javier Bardem, médecins héroïques (photo Kelly Walsh)

Charlize Theron et Javier Bardem, médecins héroïques (photo Kelly Walsh)

 

On sait le militantisme humanitaire de Sean Penn, ses combats pour Haïti, entre autres. On en est d’autant plus désolé de n’avoir pas aimé « The Last Face ». Le film se penche sur les conflits d’Afrique, au Libéria et au Sud-Soudan, à travers l’histoire d’amour de deux médecins humanitaires qui ne sont pas d’accord sur les moyens d’aider les populations martyrisées.

L’acteur-réalisateur n’était pas à l’origine du projet, on ne peut lui faire porter le poids de toutes les fautes du film. Tous les protagonistes, producteur, scénariste, acteurs étant peu ou prou engagés eux-mêmes dans des actions humanitaires, on peut supposer qu’ils ont tellement voulu bien faire, porter des messages (sur l’accueil des réfugiés, notamment, auxquels on ne peut que souscrire), qu’ils en ont oublié l’efficacité cinématographique.

« The Last Face » s’offre pourtant des scènes spectaculaires, où l’on voit les courageux médecins à l’ouvrage, s’efforce d’adopter le rythme des bons films d’action d’hollywoodien. Ce sont les dialogues qui pêchent, parfois jusqu’au ridicule, et la caractérisation des personnages. Vraiment dommage.

Pour le Danois Nicolas Winding Refn, les enjeux étaient tout autres. Avec « The Neon Demon », il a fait, dit-il, un film sur la beauté. Nous sommes à Los Angeles, dans le milieu des top models. Elles sont belles, minces, presque trop, et savent que le temps leur est compté. Alors, quand une très jeune nouvelle beauté arrive en ville, les jalousies vont se déchaîner.

Le cinéaste de « Drive » et du déjà horrifique « Only God Forgives » a une esthétique clip aussi séduisante que tape-à-l’œil. Cela brille, claque, éclate… Et il a dû s’amuser beaucoup à imaginer et mettre en scène les développements démoniaques de l’histoire : vampirisme, nécrophilie, cannibalisme. La coupe est pleine. À vous de la boire, ou non, à partir du 8 juin.

Elle Fanning, victime du neon demon (photo DR)

Elle Fanning, victime du neon demon (photo DR)

 

 

Renée Carton

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