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Le palmarès (non règlementaire) du « Quotidien »

Le jury présidé par Cate Blanchett (AFP)

Sept prix pour 21 films en compétition. Mieux vaut ne pas être à la place du jury de Cate Blanchett si on n’aime pas trancher. En tant que modeste journaliste, on peut heureusement s’accorder autant d’ex æquo que l’on veut. Dans une édition d’un bon niveau mais qui n’a pas provoqué de très grands coups de cœur, cela peut être utile.

 

 » L’Ete » de Kyrill Serebrmennikov

« BlacKKKlansman », de Spike Lee

Joanna Kulig dans « Cold War »

« Une affaire de famille »

Dernier film au programme, « le Poirier sauvage », du Turc Nuri Bilge Ceylan (palme d’or en 2014 pour « Winter Sleep »), belle balade mélancolique d’un peu plus de trois heures en compagnie d’un jeune homme qui se cherche, ne semble pas, malgré ses grandes qualités, de nature à modifier les équilibres établis. L’ordre de programmation joue dans les impressions face aux films et l’on est bien sûr beaucoup plus ouvert, disponible, en début de festival.

C’est ainsi que je décernerai la Palme d’or à « l’Été », du Russe Kirill Serebrennikov, vu le deuxième jour du festival. Des images en noir et blanc pour faire revivre des musiciens rock des années 1980 en un subtil trio amoureux (les trois comédiens sont à citer, Teo Yoo, Irina Starshenbaum et Roman Bilyk).

Le Grand Prix pourrait aller à « Burning », du Coréen Lee Chang-dong, qui orchestre un autre trio de jeunes gens dans un faux thriller de deux heures trente dont l’énigme continue à nous poursuivre.

Le Prix du jury, on le donnerait à Spike Lee pour son « BlacKKKlansman », parce que l’histoire est bonne, le rythme excellent, les acteurs (John David Washington, Adam Driver) savoureux, le racisme toujours à dénoncer. Et parce que l’Amérique reste notre boussole cinématographique.

Pour les prix d’interprétation, les candidats sont nombreux et on va faire des pronostics plutôt que des choix personnels. Côté masculin, des non-professionnels, comme le jeune et poignant héros de « Capharnaüm », réfugié syrien au Liban, Zain al Reefa, ou l’ancien lépreux de « Yomeddine », Rady Gamal. Peut-être un Italien : le « dogman » de Matteo Garrone, qui soigne si bien les chiens, Marcello Fonte, ou l’innocent Lazzaro d’Alice Rohrwacher, Adriano Tardiolo. Et tant pis pour Vincent Lindon ou Vincent Lacoste !

Côté féminin, Joanna Kulig, la séduisante héroïne de « Cold War », ou Samal Yesyamova, la courageuse jeune kirghize que suit le Russe Sergey Dvortsevoy dans « Ayka ». Et tant pis pour Vanessa Paradis ou Golshifteh Faharani !

« Une affaire de famille », du Japonais Hirokazu Kore-Eda, doit aussi figurer au palmarès, cela fait quasiment l’unanimité. On lui offre l’un des deux prix qui restent, mise en scène et scénario. Ou les deux, même si c’est interdit par le règlement.

Renée Carton

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