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Le jour du cochon

On attendait Netflix au tournant, on a été déçu. Ou plutôt conquis par le film de Bong Joon-ho, production maison. L’imagination est au pouvoir.

 

Okja, irrésistible créature (Netflix)

Pour Netflix, la journée avait mal commencé. Lors de la projection de presse, des sifflets à l’apparition du nom de la plateforme de diffusion par abonnement dans l’ouverture d’« Okja », de Bong Joon-ho, qu’elle produit et distribue. Puis dix minutes de projection au mauvais format, sous les huées de centaines de spectateurs du Grand Amphithéâtre Lumière, une erreur des services techniques du festival, qui a présenté ses excuses.

Et puis le miracle de l’imagination cinématographique. « Okja » se termine sous les applaudissements. Haro sur le capitalisme, l’exploitation des animaux, les nourritures chimiques et les OGM à travers les aventures d’une petite Coréenne et de son énorme cochon, qu’elle adore, de sa campagne au fin fond de la Corée jusqu’à New York. Des poursuites en tout genre, filmées avec ardeur et efficacité, des personnages à la juste limite de la caricature (Tilda Swinton, un Jake Gyllenhaal méconnaissable, Paul Dano…), des rebondissements inattendus et des scènes d’abattoir à rendre immédiatement végétarien : Bong-Joon-ho, dont on avait déjà applaudi le suspense de « Snowpiercer, le transperceneige », sait y faire, même s’il n’est pas un « auteur » tel qu’on les aime à Cannes.

Le film pourra être vu sur Netflix à partir du 28 juin ainsi que dans les salles de Corée, de Grande-Bretagne et des États-Unis. La France pâtit de sa législation qui impose un long délai entre la sortie en salles et la diffusion en ligne.  Le cinéaste, lui, souligne qu’avec Netflix il a pu avoir « un budget important et une liberté totale pour toutes les phases du tournage et du montage ». La question des modes de production et de diffusion des films n’est pas près d’être réglée.

LE SORT DES MIGRANTS

« La Lune de Jupiter »

L’autre film de ce vendredi est une parabole au centre de laquelle se trouve un médecin et un jeune immigré syrien.  Le titre, « La Lune de Jupiter », fait référence à Europe, une des lunes de Jupiter. Le Hongrois Kornél Mundruczó évoque le titre sort des migrants, qu’il a pu constater dans son pays, (sortie le 1er novembre), dans un thriller un peu fantastique dont la première heure est particulièrement réussie et spectaculaire. Dommage que le cinéaste ne tienne pas la distance et ne sache pas comment finir son film. Reste son talent de mise en scène, déjà manifeste avec « White Dog ».


Regarder des extraits du film :
Extrait #1Extrait #2
Extrait #3


Renée Carton

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