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Le Dr Jenny, une belle image

Jean-Pierre et Luc Dardenne, dix films et deux palmes au compteur, pensaient depuis longtemps à un personnage qui essaie de réparer. Voici le Dr Jenny Davin, incarnée par Adèle Haenel. « La Fille inconnue » n’est pas un film sur la médecine mais en donne une belle image.

Adèle Haenel, médecin de famille (photo Christine Plenus)

Adèle Haenel, médecin de famille (photo Christine Plenus)

Un soir, plus d’une heure après la fin officielle des consultations, le Dr Jenny (comme disent les frères Dardenne) refuse d’ouvrir la porte du cabinet où elle effectue un remplacement. Il s’agit de montrer à son stagiaire que, pour être un bon médecin, il faut aussi savoir se ménager. Mais l’inconnue qui avait sonné est retrouvée morte. La jeune femme se sent responsable. Elle veut au moins découvrir l’identité de la victime. Elle renonce alors au poste qui lui est promis dans une clinique réputée pour reprendre le cabinet à la clientèle modeste situé au bord d’une voie rapide et de la Meuse (à Seraing, du côté de Liège).

La jeune généraliste ne compte pas ses heures, se rend de nuit, s’il le faut, au domicile des malades, s’occupe éventuellement de leurs problèmes annexes et ne refuse pas le café ou les gaufres qu’on lui offre, prenant le temps de bavarder quelques minutes. L’image est presque trop belle. Les cinéastes ont été conseillés par une amie médecin et se sont inspirés par des témoignages d’autres praticiens qu’ils ont rencontrés.

Les frères Dardenne n’ont, disent-ils, ni thèse, ni message. Pourtant, à travers le médecin et ceux qu’elles soignent, ils esquissent un portrait social. Le Dr Jenny, obsédée par la photo de la victime, agit et elle va faire changer les autres, ceux qui sont aussi responsables. C’est le grand espoir du film, selon Luc Dardenne.

Prenant la forme d’un polar, « la Fille inconnue » n’en a pas cinématographiquement la vigueur habituelle. Mais on suivra Adèle Haenel expliquant pourquoi elle aime le cinéma des frères Dardenne : des films qui ont du courage, qui font confiance aux spectateurs, qui n’achètent pas l’amour avec des fanfreluches, des artifices.

Jean-Pierre et Luc Dardenne (Photo Ch. Plenus)

Jean-Pierre et Luc Dardenne (Photo Ch. Plenus)

Un café avec le patient (Photo Ch. Plenus)

Un café avec le patient (Photo Ch. Plenus)

 

Renée Carton

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