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Le dernier reste le premier

Robert de Niro, un président heureux

« Le dernier festival de Cannes ? », titre, toujours provocateur « Libération », évoquant les innovations technologiques qui mettent les images partout et nulle part et leur fabrication entre toutes les mains. A 64 ans, en tout cas, le festival est un « senior » qui se porte bien.

Sur la Croisette, les habitués ont dès le matin placés leurs transats et leurs escabeaux pour avoir la meilleure vue, le soir venu, sur les « vedettes » qui vont fouler le tapis rouge, et se relaient pour garder les places sous le soleil qui ne se ménage pas. A l’intérieur du Palais des festivals, les journalistes se bousculent au passage des membres du jury, gardant sur les acteurs sortis pour un instant de l’écran ou de l’affiche un regard de fan. Robert de Niro, qui apparaît plus jeune que dans certaines de ses dernières prestations (pas les meilleures de sa carrière), répond gentiment aux questions, même les moins subtiles, et assure que son bonheur va être tout simplement de découvrir des films.

« Vu d’ici, le cinéma, c’est magique » : Mélanie Laurent, qui présente la cérémonie d’ouverture, fait aussi l’éloge de ce 7e art qui résiste aux assauts. Car c’est cette magie et les paillettes des « 11 jours qui en valent 100 », selon une autre expression de l’actrice, qui fait vivre toute une industrie, qu’elle passe par la télévision ou Internet et sa suite.
Le cinéma, c’est aussi une voix qui porte des paroles politiques. Bernardo Bertolucci, qui reçoit sa palme d’honneur en chaise roulante pour cause de mal de dos handicapant, rend hommage aux Italiens, ses compatriotes, qui ont encore la force de s’indigner. Frédéric Mitterrand monte les marches avec une délégation de cinéastes tunisiens.

Woody nous a fait peur.

Mais justement, parlons de cinéma. Woody Allen, dont le film est présenté en ouverture hors compétition, nous a fait peur. Le longuet prégénérique de « Midnight in Paris » enfile dangeureusement les clichés sur la capitale. Arrive un couple d’Américains un peu hystériques et une ou deux scènes qu’on a déjà vu mille fois. Comme Woody a un peu tendance à radoter, on craint le pire. Et puis, surprise… Mais on ne dévoilera pas le ressort de cette sympathique comédie et, si vous ne voulez pas que votre plaisir soit gâché, évitez de lire les articles qui racontent l’histoire.

Woody Allen, Owen Wilson et Rachel McAdams

Owen Wilson, Rachel McAdams, Marion Cotillard sont les principaux interprètes. Autour d’eux, une foule de petits rôles, dont celui de Carla Bruni, qui apparaît tout de même trois fois et ne doit pas passer moins de temps à l’écran qu’Adrien Brody ou Gad Elmaleh. Difficile dès lors de juger sa prestation, mais elle a dû s’amuser. Comme le spectateur, à condition de comprendre les clins d’œil littéraires et artistiques du cinéaste.

Renée Carton

Renée Carton

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