L’absent

Une pluie battante a salué… l’absence de Ryan Gosling et l’ultraviolence de son dernier film. Il est dans les salles françaises, sachez à quoi vous attendre.

Les poings ne suffisent pas

Il n’est pas venu ! Il a juste envoyé un petit mot  d’excuse : il tourne à Detroit son premier film en tant que réalisateur, «How to catch a monster » et n’a pas pu prendre l’avion – en fait la compagnie d’assurances le lui interdit tant que le tournage n’est pas fini.  Tant pis pour l’une des stars du festival 2013 et l’un des films les plus attendus, « Only God Forgives » , de Nicolas Winding Refn.

La dernière production du réalisateur de « Drive » a été sifflée à la fin de la projection de presse. Il faut dire qu’il fait subir au beau Ryan d’assez mauvais traitements : son personnage, qui n’a que quelques répliques oubliables, se fait  massacrer à coups de poing, et pire encore, par celui qui, si l’on a bien compris, incarne le dieu du titre, un policier à la retraite armé d’un sabre et autres armes blanches dont il use et abuse.  Et l’on ne dit rien du sort évidemment sanguinolent réservé à Kristin Scott Thomas, mère vengeresse certes haïssable.
On n’est pas loin du gore et les âmes sensibles doivent souvent fermer les yeux, au risque de saisir encore moins les tenants et aboutissants  de l’histoire, s’il y en a, et de rater quelques beaux moments. Car Nicolas Winding Refn est un grand styliste. Ses images en rouge et noir, dans la nuit de Bangkok, sont hypnotiques. Sa façon de suivre son héros à la démarche somnambulique est très séduisante. Cela ne suffit pas rendre intéressant son récit, le cours des événements semblant relever de l’arbitraire plus que de la psychologie des personnages. Il est vrai que quand il est question de dieu…
Pourquoi tant de violence et en quoi est-elle justifiée, demande ingénument une journaliste lors de la conférence de presse. Vous me faites penser à ma mère, répond-il, en ajoutant de vagues explications évoquant le subconscient et l’idée que «  l’art est un acte de violence ». « Mon approche est comme celle d’un pornographe, dit-il encore. C’est plutôt ce qui m’excite qui compte. Je ne me considère pas comme quelqu’un de violent mais je présente des images violentes et je ne peux pas expliquer d’où ça vient. »

En France « Only God Forgives » est interdit aux moins de 12 ans avec avertissement.

Renée Carton