La médecine n’est pas un métier

« La médecine n’est pas un métier, c’est une… catastrophe » : c’est ce que fait dire le médecin-cinéaste Thomas Lilti à l’un de ses personnages dans « Hippocrate », qui a clôturé avec succès la Semaine de la critique.

Vincent Lacoste à l’hôpital (photo J. Sfez)

Pour «Hippocrate», son deuxième long métrage, Thomas Lilti s’est servi de sa propre expérience, y compris jusqu’à tourner dans un hôpital où il a pratiqué et à faire participer d’authentiques soignants. Benjamin, le jeune interne de 23 ans qui fait son premier stage  c’est un peu lui. C’est le héros de l’aventure à égalité avec Abdel, le médecin étranger. Lilti voulait rendre hommage aux médecins étrangers qu’il a croisés dans son cursus : «Ce sont ceux qui finalement m’ont appris la médecine ; eux, sont là la nuit quand on galère.»

Le réalisme évident des épisodes racontés et des dilemmes rencontrés, du manque de matériel à la question de la réanimation en passant par les délires de salle de garde, n’empêche pas le récit, animé par une musique qui déménage, d’avoir un rythme cinématographique. Et Vincent Lacoste, content d’avoir un rôle «sérieux» après les comédies qui l’ont fait connaître, Reda Kateb, Jacques Gamblin, Marianne Denicourt sont convaincants.

La Semaine de la critique parle d’un film «populaire», qui concilie le plaisir et la réflexion. À vérifier en salles à partir du 10 septembre.

Renée Carton