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Kidman, les alligators et le diable

Nicole Kidman a séduit, le cinéaste mexicain Carlos Reygadas a laissé perplexe et les chiffres du cinéma en France ont réjoui.

Le rouge lui va si bien (AFP)

On a toujours plaisir à retrouver Nicole Kidman dans un rôle où elle a quelque chose à faire. C’est le cas dans « Paperboy » de Lee Daniels, dont le premier film, « Precious », avait été particulièrement remarqué. L’histoire, sortie d’un roman de Pete Dexter  – qu’avait un temps voulu adapter Almodovar – nous entraîne en Floride dans les années 1960. Un chasseur d’alligators a été condamné à mort pour le meurtre d’un shérif. Quand son frère, journaliste au « Miami Times », débarque pour enquêter, le jeune Jack, fils du rédacteur en chef du journal local, fait la connaissance de Charlotte, passionnée par les détenus du couloir de la mort. C’est là qu’intervient Kidman, dans un rôle exigeant et déjanté qui lui permet audaces et fantaisies. Elle donne la réplique à Zac Efron, idole des jeunes Américaines depuis « High School Musical »,  John Cusack, qui a vu son rôle de méchant comme celui « d’une créature d’un autre monde », et Matthew McConaughey, sans oublier Macy Gray et David Oyelowo.

Le film, qui ne sortira en France que le 14 novembre, offre quelques scènes obligées, telle la poursuite dans les bayous, où rodent les alligators, et ne fait pas dans la nuance. Cela n’empêche pas de l’apprécier, dans la grande tradition des polars du Sud profond.

L’autre film présenté jeudi en compétition nous emmenait encore un peu plus au sud, au Mexique. J’avoue n’avoir pas compris la parabole de Carlos Reygadas, intitulée « Post Tenebras Lux » (après les ténèbres, la lumière). S’agit-il d’ailleurs d’une parabole ? Sur le mal, peut-être ? Dans le dossier de presse, le réalisateur, auteur de films audacieux et exigeants, ouvre une piste : « Juan et sa famille ont quitté leur ville de Mexico pour s’installer à la campagne où ils profitent et souffrent d’un lieu qui voit la vie différemment. » Beaucoup de choses sont doubles dans le film : la famille qu’on voit à la campagne et à la ville, à une autre époque, et certaines images floues sur les bords.  Au final, on est content de l’avoir vu même si on a souffert de ne pouvoir le déchiffrer.

* En France, on aime le cinéma en salles. En 2011, a annoncé le CNC, la fréquentation a atteint un record depuis 1966 avec 216,6 millions d’entrées payantes, dont 88,6 pour les films français. L’an dernier, chaque foyer français a dépensé en moyenne 301,4 euros en programmes audiovisuels (cinéma, vidéo à la demande, redevance…).

Renée Carton

 

Renée Carton

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