Ferrara à fuir

« Welcome to New York » un événement ? Une punition, plutôt. Le festival de Cannes a bien fait de le laisser hors de son périmètre officiel.

Encore un mauvais choix pour Depardieu

Aucun sujet n’est interdit. Mais quand une affaire est aussi mondialement connue que celle du Sofitel de New York en mai 2011, il faut avoir un vrai point de vue, être inspiré. Ce n’est pas le cas d’Abel Ferrara, dont on retrouve pourtant ici quelques obsessions. Le cinéaste et son coscénariste Chris Zois reprennent les épisodes publics et brodent pour le privé, d’où des  scènes de partouze aussi fastidieuses que mal filmées et surtout les disputes du couple, accablantes pour les acteurs et ceux qu’ils sont censés représenter.

Abel Ferrara récuse les accusations d’antisémitisme. En a-t-il eu conscience ? Le film est très premier degré avec des dialogues à l’emporte-pièce.

Une fois de plus on se demande où sont le talent, l’intelligence de Gérard Depardieu, qui a été un si grand acteur. Ici, il expose sans pudeur, avec nonchalance, un corps qu’on n’a pas envie de voir.

Bref, il n’y a aucune raison, ni cinéphilique, ni autre, de se brancher sur un site de vidéo à la demande (VàD) pour voir « Welcome to New York ». Et bien des raisons de ne pas le faire. Pour une première expérience de VàD directe, très mauvais choix.

Renée Carton