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« Elle » et les autres

Bien commencée avec « Rester vertical », la compétition s’est aussi bien terminée, avec « le Client » et « Elle », Isabelle Huppert en majesté. 21 films au total pour une poignée de prix. À défaut de pronostics sur le palmarès, voici mes préférés.

 

Paul Verhoeven et Isabelle Huppert (« Elle »)

Paul Verhoeven et Isabelle Huppert (« Elle ») (Photo SBS Distribution)

« Le Client », de l’Iranien Asghar Farhadi, et « Elle », tourné en France par Paul Verhoeven, ont en commun, outre un intérêt certain, de porter un regard, masculin, sur l’agression dont est victime une femme.  « Le Client », très maîtrisé et discret dans la représentation de la violence, analyse avec finesse l’évolution du couple après le traumatisme, offrant un suspense psychologique intéressant (sortie le 2 novembre).  « Elle » (à voir dès mercredi),  adapté du roman de Philippe Djian « Oh… », a réjoui les festivaliers par son ton décalé, ironique, pour encadrer des scènes à la brutalité bien visible et par l’interprétation, toute en audace et en finesse, d’Isabelle Huppert.

Huppert, qui n’a peur de rien, on le savait depuis longtemps, mériterait un prix d’interprétation. Mais je préfèrerais le donner à Sandra Hüller, étonnante et désopilante dans « Toni Erdmann », de l’Allemande Maren Ade, qui doit d’une manière ou d’une autre figurer au palmarès. Peut-être ex aequo avec l’impériale Sonia Braga, la résistante au quotidien d’« Aquarius », du Brésilien Kleber Mendonça Filho.

Pour le prix d’interprétation masculine, Joel Edgerton, héros sans relief, c’est justement difficile à jouer, de « Loving », de Jeff Nichols. Tant pis pour Gaspard Ulliel, émouvant dans « Juste la fin du monde », de Xavier Dolan.

« Rester vertical » (Photo Thierry Valletoux)

« Rester vertical » (Photo Thierry Valletoux)

Le prix du scénario pourrait aller à « Rester vertical », d’Alain Guiraudie, l’une des sensations du début du festival, ou à Pedro Almodóvar, dont « Julieta » est l’un des meilleurs films. « Rester vertical » peut largement briguer le prix du jury tandis que le Grand Prix irait à « Mademoiselle », la fresque érotique et sulfureuse du Coréen Park Chan-wook. Quant au prix de la mise en scène, je le donnerais à Xavier Dolan, qui sera bien déçu car il briguait la Palme.

La Palme ? Et bien, pour la deuxième fois, au Roumain Cristian Mungiu, pour l’histoire aux multiples résonances qu’il raconte dans « Baccalauréat ».

Bien évidemment, le jury présidé par George Miller fera de tout autre choix. Réponse dimanche soir.

Cannes-Baccalauréat -Mobra_Films

Mention très bien pour « Baccalauréat » (Photo Mobra Films)

 

Renée Carton

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