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Dans le grand bain

En attendant Spike Lee et Lars von Trier (hors compétition), destinés à réveiller le festival en humeur de lundi, on a pu apprécier les histoires de Jafar Panahi, Alice Rohrwacher et Hirokazu Kore-Eda et plonger allègrement dans le grand bain avec Gilles Lellouche (également hors compétition).

Jafar Panahi dans son propre rôle (DR)

Après celle du Russe Serebrenikov, une autre chaise vide. Pour l’Iranien Jafar Panahi, condamné en 2011 à 6 ans de prison et 20 ans d’interdiction de faire des films pour « propagande contre le régime » ; il est en liberté conditionnelle et parvient à tourner plus ou moins clandestinement, ce qui est en partie le sujet de ses films. Dans « Trois visages », que l’on pourra découvrir à partir du 6 juin, il joue son propre rôle, parti avec une actrice célèbre dans une région reculée après l’appel à l’aide d’une jeune fille, prête au suicide pour échapper à sa famille conservatrice. Le périple est aussi savoureux qu’éloquent – sans être manichéen – quant à la situation de la femme et la liberté de création en Iran.

Avec « Heureux comme Lazzaro », son troisième film, l’Italienne Alice Rohrwacher livre quant à elle une fable dont on retiendra moins la morale (le pouvoir de la bonté et « heureux les simples d’esprit ») et le ressort central que les personnages, des paysans qui vivent comme des serfs, exploités par une aristocrate, et les décors, la région de Viterbe. Le rôle de Lazzaro en route vers la sainteté pourrait valoir au jeune Adriano Tardolio le prix d’interprétation.

Une famille comme les autres ? (DR)

« Une affaire de famille », de Kirokazu Kore-Eda, est aussi une forme de conte, mais terriblement réaliste. Le cinéaste japonais poursuit sa puissante réflexion sur l’enfance abandonnée et les liens, génétiques ou choisis, qui constituent la famille.

Celle qu’il imagine ici a presque les apparences de la normalité, avec ses trois générations et l’amour autant que les exaspérations qui semblent circuler entre elles. Mais…

Il y a du suspense, des rebondissements, sur fond de réalisme social (la pauvreté dans une grande métropole et ce qu’il faut faire pour en sortir). Et, toujours, le point de vue de l’enfant, à partager.

Des acteurs synchrones (DR)

Et puis, c’était dimanche, il y a eu une belle démonstration de cinéma français, avec « le Grand Bain », et la brochette d’acteurs réunis par Gilles Lellouche, Guillaume Canet, Mathieu Amalric, Benoît Poelvoorde, Philippe Katerine, Jean-Hugues Anglade… Pour rire, voire s’émouvoir, des quadras qui oublient leurs difficultés personnelles et professionnelles grâce à la natation synchronisée, il faudra attendre la sortie en salles le 24 octobre.

Renée Carton

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