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Changer le cours de l’histoire

Le festival de Cannes, c’est la diversité des images, des envies, des volontés. Du rire au drame, du divertissement à l’engagement. Quand Haïti et la Libye croisent des créatures de dessin animé…

Gros succès, vendredi sur la Croisette, des animaux et des voix (David Schwimmer, Jada Pinkett-Smith, Chris Rock, Ben Stiller) de « Madagascar 3 », dessin animé Paramount/DreamWorks présenté hors compétition et qui sortira en France le 6 juin. Il faut bien nourrir l’ogre médiatique et les œuvres ambitieuses et pas toujours divertissantes en piste pour la palme d’or sont souvent difficiles à vendre au grand public.

Ce sera probablement le cas de « Au-delà des collines », le très beau nouveau film de Christian Mungiu, palme d’or en 2007 pour « 4 mois, 3 semaines, 2 jours ».  Parti de faits réels (une jeune femme souffrant de problèmes mentaux morte à la suite de pratiques relevant de l’exorcisme), le cinéaste roumain nous emmène dans un couvent reculé où une jeune nonne accueille sa grande amie de l’orphelinat qui revient d’Allemagne. Ce film « sur l’amour et le libre arbitre » mais aussi la religion, la pauvreté, la solidarité, offre, avec ses ballets de femmes en noir et son duo de victimes, l’une révoltée, l’autre soumise, une sombre réflexion aux frontières de la métaphysique (mais non, il ne faut pas avoir peur) dont les 2h30 passent vite.

Vendredi, c’était aussi le « Carnaval in Cannes », à savoir une soirée (sur invitation avec droit d’entrée élevé) organisée au profit d’Haïti via trois associations,  J/P Haitian Relief Organization, Artists for Peace and Justice et Happy Heart’s Fund, animées respectivement par Sean Penn, le réalisateur Paul Haggis et le mannequin Petra Nemcova (photo). Tous trois étaient  présents et, lors d’une conférence de presse, Sean Penn a appelé le président américain à soutenir son homologue haïtien Michel Martelly.

Pendant ce temps, cause qui paraît nettement moins urgente ou indispensable, plus de mille femmes travaillant dans le cinéma ont lancé une pétition aux États-Unis pour protester à leur tour, après des Françaises dans « Le Monde », contre l’absence de femmes dans la compétition. « Nous jugeons les films comme des êtres humains façonnés par nos expériences et nos points de vue. Il est donc vital qu’égalité et diversité prévalent au moment de sélectionner » les films en lice pour la palme d’or. Thierry Frémaux, le délégué général du festival, a rejeté à juste titre toute exigence de parité ou de discrimination positive en matière de création cinématographique.

Enfin, une bonne nouvelle pour Bernard-Henry Lévy. C’est le faiseur d’oscars (dont ceux de « The Artist ») Harvey Weinstein, qui distribuera aux États-Unis son documentaire sur la Libye, le Serment de Tobrouk ». Un film qui, selon un communiqué de The Weinstein Company (TWC) « montre comment les idées et les convictions peuvent changer le cours de l’histoire au travers d’une intervention humanitaire et politique qui aurait sinon paru impossible ».

Renée Carton

 

Renée Carton

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