Anecdotes et réalité

Jacques Audiard (DR)

Pour faire le buzz, du sexe en 3D, hors compétition tout de même. Et on passe à autre chose. Par exemple au très bon « Dheepan », de Jacques Audiard, un thriller dont le héros est un immigré tamoul.

J’avoue, je n’ai pas eu le courage d’aller voir « Love » de Gaspard Noé (le cinéaste d' »Irréversible »), projeté hors compétition en séance de minuit. D’autres se sont battus pour découvrir cette histoire d’amour en 3D avec ses scènes de sexe explicites et crues. Les critiques ne sont pas enthousiastes mais le film s’est bien vendu à l’étranger. Les spectateurs français pourront s’y risquer à partir du  juillet.

Les polémiques du festival ne sont pas toujours à la hauteur de l’événement mondial. Après le problème des selfies, déconseillés pour les stars et invités des séances de gala car retardant la montée du tapis rouge, il y a eu celui des chaussures plates. Des dames ou demoiselles se sont vues interdire l’entrée faute de talons hauts. Un scandale qui n’a pas dépassé quelques dizaines de mètres de Croisette.

Trêve d’anecdotes. Jacques Audiard, quatrième impétrant français en compétition, présentait « Dheepan », un film de genre nourri par la réalité de la violence d’ici et d’ailleurs. Au Sri Lanka, un ex-combattant, une jeune femme et une orpheline fuient la guerre civile en se faisant passer pour une famille. On les retrouvera dans une cité de la région parisienne, où ils seront impliqués malgré eux dans d’autres affrontements sanglants.

Le héros de « Dheepan » (P. Arnaud/Why not Productions)

L’acteur principal, Jesuthasan Anthonythasan, fut lui-même enrôlé à 16 ans par les Tigres tamouls, avant de fuir son pays pour la Thaïlande puis la France. Aujourd’hui, il se consacre principalement à l’écriture. Dans le film de Jacques Audiard, qui sortira le  26  août, il est impressionnant. Une belle trajectoire d’homme.

En compétition, on a vu également « The Assassin », du Taïwanais Hou Hsia Hsien, un film d’arts martiaux – le premier du réalisateur – qui se déroule il y a 14 siècles sous la dynastie Tang. De très belles images pour les contemplatifs et quelques combats acrobatiques, mais on peut très facilement s’y ennuyer. La sortie est programmée pour le  6 janvier , comme s’il visait l’Oscar…

Renée Carton

Renée Carton